Les bourgeois avaient raison. J’en ai fréquenté tout un tas et j’aurais dû comprendre que leurs répulsions à l’endroit du monde professionnel étaient tout ce qu’il y avait – d’éclairé. Ils savaient avant moi que le bureau est le lieu des bassesses, de la manigance et de la mesquinerie, où tous les chemins mènent à la haine, s’ils ne sont pas balisés à grand peine par la routine.

A la page 65 de Musil, un parfait bourgeois, je lis :

Enfin il avait atteint le lieu où nul obstacle ne le gênait plus ; l’emploi paisible, secret, protégé de toutes les souillures du commerce de l’art, que lui assurait sa situation à moitié universitaire, lui laissait assez d’indépendance et de loisirs pour rester à l’écoute de la voix intime.

Ma voix intime agonise dans le rétrécissement de mon âme.

Dans le bureau d’à-côté, deux camarades rient comme des déments.