Ma chèffe m’a poussé dans les orties, j’ai donc fuit, lors de ma pause déjeuner dans un restaurant chinois du quartier. Pour gagner mes lettres de bourgeoisie de critique gastronomique, je me promettais de ne dire que du mal des mets aigre-doux, collants et malcuits. Au croisement de la chaussée d’Ixelles, de la rue de l’ermitage je voyais entre les palmiers en plastique la rue de vergnies plonger vers la place Flagey, sinueuse et intrépide. Seul à cette table, je me trouvais déporter dans la banalité d’une ville de second rang, loin des affaires importantes. J’ai commandé une petite soupe de poulet au bambou, j’aime les soupes chinoises, surtout à deux euros, puis une platée de porc au riz cantonnais bien fourni. Entre deux, je lisais quelques lignes de l’homme sans qualités, tout en sirotant un verre d’eau plate mais rafraîchissante.

J’ai passé un excellent moment.