Lors de mon monologue avec Pierre-Didier, j’ai décidé d’établir, certainement du fait de mon homonymie non-voulu d’avec le naturaliste Linné, une psycho-typologie des informaticiens. Je crois pouvoir dire que j’ai décerné un type bien précis de ces personnes pas tout à fait comme les autres. D’emblée de jeu, le « crack » se place au sommet de la pyramide, c’est le développeur doué, capable de prouesses et sûr de son talent. Ils sont en petit nombre en général, du moins dans ma société. Il se distingue certes par des programmes inutiles et rutilants qui ne servent qu’à épater la galerie (dont moi) comme ce petit jeu vidéo gore où l’informaticien doit fusiller chacun des membres du bureau, mais aussi par le goût de la compétition et la reconnaissance de leur supériorité sur les autres talents. Il n’est pas rare de les entendre pester contre un autre génie, pour le plaisir de critiquer ces « soi-disant » améliorations innovantes, qu’il aurait mieux fait certainement. Ils ont l’insulte facile, aussi, contre les sans-grades.

J’ai fait une erreur qui m’a plongé dans un désarroi mi-figue, mi-amer. Mais comme il est coutume de dire, dans les milieux des incompétents autorisés : « le temps passe vite et on est bientôt payé ». Voilà quelque sentence d’une inébranlable et salutaire lucidité qui me raccommode avec la réalité.

J’ai parfois l’impression de mal faire mon boulot d’âne.