Fido est une comédie d’horreur de bonne tenue, à la jonction de l’ironie et de la parodie de séries b des francs-tireurs du cinéma indépendant d’outre-atlantique (Dante, Roméro) et de la féerie grand-spectaculaire de ce même cinéma américain (Shamalayan, Burton). Le film raconte la normalité d’une société qui a surmonté une guerre contre les zombies ressurgis des Enfers suite à une rencontre fortuite de la planète avec un nuage stellaire radioactif. Cette guerre a permis à des communautés de se reconstituer à l’abri des Zones sauvages où règnent le chaos des morts-vivants, relégué dans une sorte de banlieue, en quelque sorte. Dans la tranquillité de la société de consommation, des gadgets fleurissent tel des colliers électroniques, commercialisés par une firme toute-puissante, Zomcon, qui placent sous contrôle les zombies stupides et assoiffés de chair. C’est ainsi que la société prospère en domestiquant une sous-catégorie de personnes dévolues aux tâches d’entretien et de bien-être. Une famille décide de s’attacher les services d’un zombie sans penser qu’il apportait beaucoup plus que des ennuis…
Les rares exégètes qui se sont penchés cinq minutes sur ce film passé tout à fait inaperçu, y ont vu une dénonciation de la ségrégation raciale des années cinquante dans l’horrible pays de la famille Bush. Je n’irai pas jusque là, les zombies sont tout de même idiots et très limités et je ne risquerais pas ici à ce que la Halde me tombe sur la truffe. Il y a un moment où le zombie brise ses chaînes dans l’usine, mais cela n’échappe pas à la dimension praodique. Il y a de situations intéressantes, notamment autour du père, salaud bien plus sombre que ce qu’il n’y paraît. Traumatisé par le fait d’avoir, à onze ans, abattu son père devenu zombie, il ne veut plus vivre sous l’emprise des sentiments pour éviter de devoir rééditer ce drame. Il n’est donc qu’un mauvais père qui attend la mort (la vraie, la tête tranchée, pas la mort-vie, attention) et qui comme seul cadeau pour son fils lui offrira un pistolet avant ses douze ans. Mieux vaut-il attendre la mort ou la mort-vie éternelle de zombie ? Mieux vaut-il « le bonheur sous contrôle » sans sentiment pour son prochain, qui sera un potentiel ennemi ou les grands sentiments de l’imprévisibilité ? Je laisse les limiers du gaudinisme trouver des exégèses savantes.