Maurice Barrés aurait dit que lorsqu’il lit Charles Péguy, il lui arrive de regarder sa montre. Pour lui faire gagner du temps, je lui propose de temps à autres quelques citations d’une œuvre que je viens de terminer et dont j’espère restituer, fidèlement, bientôt la substantifique substance tout comme la moelleuse moelle.

Qu’est-ce qu’être français?

Charles Péguy, dans Notre jeunesse, éditions Gallimard, 1910

“Nous y déployâmes proprement les vertus, les qualités françaises, les vertus de la race : la vaillance claire, la rapidité, la bonne humeur, la constance, la fermeté, un courage opiniâtre, mais de bon ton, de belle tenue, de bonne tenue, fanatique à la fois et mesuré, forcené ensemble et pleinement sensé ; une tristesse gaie, qui est le propre du Français ; un propos délibéré ; une résolution chaude et froide ; une aisance, un renseignement constant ; une docilité et ensemble une révolte constante à l’événement ; une impossibilité organique à consentir à l’injustice, à prendre son parti de rien. Un délié, une finesse de lame. Une acuité de pointe. Il faut dire simplement que nous fûmes des héros*. Et plus précisément des héros à la française.”

Charles Péguy se réfère à l’affaire Dreyfus.

J’ai bien du mal à comprendre les réticences à lire Péguy. Les lectures De Jean Coste, Notre jeunesse ou les citations que l’on glane chez Baroque et fatigué nécessitent moins d’effort et plus de plaisir immédiat que, par exemple, celles de G.Bernanos.