mai 7, 2008
Sur la conférence de Claude Debru, les biotechnologies, 22 janvier 2004
Posted by karlguilbeau under Futur | Tags: technique, domestication de la nature, biotechnologie, Claude debru |Dans sa conférence sur les biotechnologies, qu’il définit comme l’utilisation d’organismes vivants ou de leurs parties dans l’agriculture, l’alimentation et dans d’autres processus industriels, Claude Debru, philosophe des sciences, exprime une idée force, “les biotechnologies ne sont pas une anti-nature, mais des variations sur la trame posée par l’évolution biologique”. La crainte que peut susciter l’association apparemment antinomique, des termes comme bio- et technologie ignore que de longue date l’homme s’est servi de la nature dans le but d’en faire une alliée pour la survie et l’évolution de l’espèce. Les biotechnologies favorisent l’action d’agent biologique pour guérir, comme c’est le cas pour l’insuline ou les vaccins. L’anxiété qu’inspire l’idée que l’homme est tout puissant et humain est exagérée, car comme l’a expliqué le philosophe François Jacob, l’homme scientifique n’est pas un ingénieur, qui planifie l’évolution de l’homme tel un prototype parfait, mais un bricoleur qui améliore selon les outils que la nature lui offre. C’est ici qu’intervient la notion de bricolage évolutif et d’évolution dirigée s’appuyant sur la stabilité et la modifiabilité des organismes qui garde toute sa pertinence malgré l’imprévisibilité des nouvelles découvertes et des risques inévitablement encourus.
La conférence peut être vu par l’intermédiaire de ce lien .
Pour les sourcilleux qui sont allés jusqu’ici, une petite définition de l’évolution dirigée, développé par Manfred Eigen, comme “ensemble de technologies qui s’inspirent des mécanismes de base de l’évolution darwinienne pour améliorer une protéine (ou une acide nucléique). La conférence est intéressante, dense pour le profane qui se doit d’être opiniâtre, mais après tout, on n’a pas tous les jours devant soi l’auteur de neuropsychologie du rêve.