There will be blood, titre intraduit en français, car il aurait perdu à coup sûr son piment churchillen, sentencieux et prophétique.

Ce film, antispectaculaire, décrit à travers deux figures allégoriques, l’entrepreneur et le prêcheur, l’édification des Etats-Unis, dans la douleur, le mensonge et le vice. Le pionnier, figure mythique vu sous un angle maléfique, saigne son pays (le pétrole qui se déverse des entrailles ) pour la richesse la sienne et celle de tous.

Moi qui ais un faible pour le pionnier, j’ai été conquis, d’autant plus que l’assistance nombreuse s’est montrée plus ou moins poli durant la longue projection. B+

Tout aussi antispectaculaire, Broken Flowers, en version française, d’une des valeurs sûres du cinéma américain, Jim Jarmush. Si l’idée de base séduit grâce à un scénario qui justifie le vagabondage et l’errance (et donc l’imprévu) on peine à embarquer dans la voiture de location de Bill Murray, VRP désabusé de l’amour. Si, de surcroît, on débusque quelques subtilités, planquées dans les ellipses et les non-dits, alors on ne peut guère prendre du plaisir à voir faire le malin. La scène où apparaît Sharon Stone est piquante, cependant. C

Comme on ne veut plus être le dupe des affectations à la limite du charlatanesque, on fuit. J’ai pris en conséquence, un abonnement au cinéma Nova poussé par le cycle sur le cinéma hongrois des années soixante-dix. Un peu de dépaysement donc, avec un film documentaire sur la constitution d’un groupe de rock pour les besoins d’un dynamique comité d’entreprise industrielle et des jeunesses du parti communiste. Projet ambitieux de jeunes cadres (fumeurs !) du parti de faire naître un appétit pour le communisme à travers un rock entraînant mais calibré, attention. Pas loin des castings de télécrochet, quand le communisme rejoint le capitalisme. Les petits films qui suivaient, petits films de formation à l’espionnage d’état contiennent bien malgré elle les charmes de Hitchcock, Kafka, pas mal pour déjouer les conspirations. B